Je pose ici mon portrait chinois, sur un coin de clavier, l’air de rien, déjà reparti
Si j’étais un objet, je serais un appareil photo.
Si j’étais une saison, je serais le printemps.
Si j’étais un plat, je serais le couscous de mon enfance.
Si j’étais un animal, je serais un faucon crécerelle.
Si j’étais une chanson, je serais Dirty boots des Sonic youth ou bien La chanson la plus triste du monde de Jacques Duvall.
Si j’étais une couleur, je serais rouge garance.
Si j’étais un livre, je serais Vipère au poing.
Si j’étais un film, je serais The fabelman de Spielberg.
Si j’étais un endroit, je serais en bord de mer, en Vendée.
Si j’étais un sport, je serais coureur de fond.
Si j’étais un métier, je serais promeneur de bord de mer.
Si j’étais un oiseau, je serais un grand albatros.
Si j’étais une musique, je serais Les impromptus de Schubert.
Si j’étais une fleur, je serais un délicat coquelicot.
Si j’étais un fruit, je serais un abricot.
Si j’étais un verbe, je serais « flâner », j’adore flâner, juste flâner.
Si j’étais un mot, je serais « tintinnabuler ».
Si j’étais une célébrité, je ne serais pas connu et ce ne sera pas si grave.
Si j’étais un vêtement, je serais un maillot de bain.
Si j’étais un instrument de musique, je serais un violoncelle.
Si j’étais un jeu, je serais un solitaire avec ses billes de pierre semi-précieuse.
Si j’étais une œuvre d’art, je serais La jeune fille à la perle de Vermeer.
Si j’étais un chiffre, je serais le 5 pour son bel équilibre graphique.
Si j’étais une lettre, je serais l’esperluette, juste pour sa sonorité quelque peu désuète.
Si j’étais un son, je serais la petite musique du vendeur de glaces.
Si j’étais une langue, je serais l’italien.
Si j’étais une odeur, je serais l’odeur des sous-bois pentus des Alpes de Hautes-Provence en été.
Si j’étais une matière, je serais eau de mer.
Si j’étais un élément, je serais l’air qui passe et qui s’oublie, un souffle.
Si j’étais un bijou, je serais une fine chaîne d’argent qui brillerait discrètement.
Si j’étais une émotion, je serais un incroyable et doux mélange de tristesse profonde et de joie diffuse.
Si j’étais dans le ciel, je serais pilote d’avion expérimental de la NASA.
Si j’étais dans la mer, je serais un requin pélagique.
Si j’étais une citation, je serais :
« Les vampires ont de la chance, ils peuvent se nourrir des autres. Nous devons nous nourrir de nous-mêmes. Nous devons manger nos jambes pour avoir l’énergie de marcher. Il faut venir pour pouvoir partir. Il faut s’aspirer nous-mêmes. Il faut se dévorer jusqu’à ce qu’il ne reste plus que l’appétit. Nous donnons, donnons et donnons follement. Parce qu’un cadeau qui a du sens n’en vaut pas la peine. Jésus a dit soixante-dix fois sept fois. Personne ne comprendra jamais pourquoi tu l’as fait. Ils t’oublieront demain, mais tu dois le faire. »
Zoe
Bad Lieutenant
Abel Ferrara
