Je t’emmerde

Je suis comme en train de flotter dans ma vie, comme en apesanteur, tout à la fois léger et si lourd, juste poussé par les vents, parfois violents et aigres, peu amènes et pourtant, je m’en fous, remontant seulement mon col pour me protéger un peu mieux, mais dans le fond, je m’en fous. Parfois, il sera question d’une légère brise, ourlée d’un timide rayon de soleil et je prends le temps d’apprécier ce délicat, ce si éphémère. J’oscille ainsi entre tristesse et mélancolie sans m’interdire pour autant l’émerveillement face à de si tout petits riens de pas grand-chose, comme une fleur qui éclot dans une anfractuosité du bitume, un geste affectueux, un rire. J’écoute une musique pleine de spleen et enjouée, je visionne des films noirs et pourtant tendres, je lis des articles parlant de guerres, de philosophie et de notre capacité, pourtant, à nous transformer pour construire du meilleur. Lors de l’hommage à Robert Badinter à l’Assemblée nationale, il est rappelé qu’il aimait à citer cette phrase de Victor Hugo : « Le droit qu’on ne peut retirer à personne, c’est le droit de devenir meilleur. » Plus envie de me retrouver enfermé dans des déterminismes, les vôtres, plus envie, et c’est crânement que je me relève, un peu chancelant, devant apprendre à marcher seul dans ma vie, mais je veux exercer ma liberté et rien ne m’en empêchera désormais. Je ne suis pas vos projections, noires, rarement blanches ironiquement. Ma réalité est tellement plus simple, je suis comme beaucoup composé de nuances de gris, le con du milieu quoi. Mais pour le monstre, vous pouvez remballer votre quincaillerie mal emboutie, je vous la laisse cette camelote. Et moi, je flotte, bercé de mes illusions en toute lucidité, de mes joies, de mes peines, je flotte et je m’en fous. Je pense à la chanson de Mickey 3D pour Jane Birkin et je reprends à mon compte le « je t’emmerde ».