Fanzine et émission de radio ultra confidentiels, mais qui furent, paradoxalement pour moi, des véritables ouvertures sur le monde
Petite émotion tout à l’heure.
J’écrivais, un premier texte, puis, dans la foulée un deuxième. Je ne sais comment, par association d’idées, j’en suis venu à penser à la musique. Toujours est-il que je me mets à chercher sur ma plateforme de musique, un titre, puis un autre, et je me demande s’ils ont cet album un peu particulier et qui m’avait fait forte impression à l’époque, surtout parce qu’il m’a permis de me remettre en question et de découvrir un pan de la musique que je boudais jusque-là. Avec pour excuse, plutôt bonne à mon sens, que le RnB qu’on écoute le plus souvent est de la soupe commerciale insipide au possible, et que la fuir est en soit assez sain, si, je vous assure. Mais c’est occulter les racines, les débuts, les purs et durs allant de la soul au rap. On m’a piqué la revue des Inrocks et le CD qui allait avec, CD de toute beauté donc. Que j’ai écouté et réécouté encore et encore. Le disque est tellement rare, les disques compilés dessus tout autant que j’ai eu un mal fou à les trouver. Et encore pas tous, ce qui en soit est assez frustrant. Mais dans mes recherches, je découvre que le CD est vendu une bouchée de pain sur les internets. Je découvre aussi, alors que depuis des années, je me lamentais d’avoir perdu ce son, cette curiosité, je découvre, et sûrement bien après la bataille, mais quelque part, je m’en carre, que ma plateforme propose désormais une radio Les Inrocks. Je respire ! Enfin ! Enfin un bon prétexte pour user mes écouteurs, mes baffles. Je pense que je vais me réinstaller dans ma bulle de musique comme je l’avais fait à une période noire et sombre de ma vie. Période, qui sans que je m’en rende compte, a totalement forgé ma curiosité tous azimuts. Musicale, donc, mais aussi littéraire, cinématographique, photographique et j’en oublie certainement.
Je me souviens qu’à l’époque, j’étais le seul à écouter ses émissions à ce grand monsieur qu’est Bernard Lenoir. Je me souviens de la voix si particulière de Lydie Barbarian, aussi. Son enthousiasme communicatif. Je me souviens avoir été subjugué, encore maintenant, par les portraits en noir et blanc du magazine bimensuel des débuts. Portraits qui m’habitent encore maintenant tellement ils sont et travaillés et spontanés. Je me souviens avoir alors « quitté » le punk des Bérus et des Ludwig pour le son de la scène mancunienne, d’avoir découvert le reggae, le son huit bits et j’en passe. Décalage et curiosité. J’étais tellement fasciné par ce que j’entendais, que je ne pouvais pas m’empêcher de le faire partager à mes potes encore empêtrés dans le top cinquante et les mièvreries commerciales des radios génériques. Que je n’ai que très, très peu écouté d’ailleurs, la faute au fait d’avoir failli devenir sourd, et d’avoir une mère qui ne tolérait pas le moindre bruit. Donc pas de musique à la maison. J’ai grandi sans musique. Et quand je suis tombé dedans, ce fut dès le début pour des sons indé. Punk puis Les Inrocks. En solo. Ah, j’oubliais, à seize ans, l’émission Rapido d’Antoine de Caunes. Bref, j’ai mal tourné dès le départ si on peut dire. J’ai autour de moi, des connaisseurs hardcore, qui en un rien de temps me font, à leur insu, la démonstration que je n’y connais finalement pas grand-chose, n’ayant pour moi que mon insatiable curiosité, l’envie de découvrir et d’entendre des musiques qui m’interpellent profondément. En tout cas, je sais maintenant ce que j’écouterais en écrivant, en photographiant, en dessinant. C’est vraiment, vraiment revigorant.
J’ai hâte de recevoir ce CD, de le réentendre.
